Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) du Conseil de l’Europe a publié son quatrième rapport d’évaluation sur la Belgique, couvrant la période de juillet 2022 à juin 2026. Le rapport examine les vulnérabilités face à la traite, les mesures visant à les prévenir et à les détecter, ainsi que l’identification, la protection et l’assistance aux victimes. Il évalue également les enquêtes et les poursuites, ainsi que l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le cadre de la traite. Le GRETA identifie plusieurs domaines dans lesquels des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la lutte contre la traite des êtres humains en Belgique.

La Commission européenne a proposé un plan en cinq points visant à renforcer la résilience et la sécurité des frontières extérieures de l’UE et à améliorer la préparation face aux arrivées massives soudaines. Le plan définit des actions à mener par la Commission, les États membres et les agences de l’UE dans le domaine de la justice et des affaires intérieures (JAI) dans cinq domaines : la coopération avec les pays partenaires, la gestion des frontières, le suivi et les systèmes d’alerte précoce, la lutte contre les réseaux de trafic de migrants et de traite des êtres humains, ainsi que les retours.

La Commission européenne a adressé une lettre de mise en demeure à la Belgique et à 19 autres États membres de l’UE pour ne pas avoir communiqué la transposition complète de la directive révisée de l’UE relative à la lutte contre la traite des êtres humains. La Commission a envoyé ces lettres le 25 septembre 2026, après l’expiration du délai imparti aux États membres pour transposer la directive dans leur droit national.

La Belgique a participé à une opération internationale ciblant la traite des êtres humains à des fins d’exploitation par le travail dans le secteur de la restauration. Coordonnée dans cinq pays européens le 18 septembre 2026, l’opération visait un réseau criminel soupçonné d’exploiter principalement des ressortissants indiens. En Belgique, un restaurant a été contrôlé dans le cadre de l’action coordonnée, qui a conduit à deux arrestations et à l’identification de plus de 70 victimes potentielles.

Les zones de police côtières belges ont testé la surveillance par drones durant l’été 2026 dans le cadre des efforts visant à prévenir les traversées irrégulières vers le Royaume-Uni à bord de petites embarcations. À la suite d’une réunion d’évaluation organisée le 10 septembre, le gouverneur faisant fonction de Flandre-Occidentale a annoncé que les autorités envisageaient de développer cette approche de manière structurelle en 2027, sous réserve d’un financement externe.

La Belgique et le Royaume-Uni ont signé un accord visant à renforcer leur coopération policière (Law Enforcement Cooperation Agreement – LECA), notamment en matière d’échange de renseignements et de lutte contre le trafic de migrants et la criminalité organisée. L’accord doit faciliter un échange plus rapide et plus autonome de renseignements et soutenir les actions conjointes contre le trafic de migrants et d’autres formes de criminalité grave et organisée.

Europol et l’Autorité européenne du travail (ELA) renforcent leur coopération en matière d’exploitation par le travail, de traite des êtres humains, de fraude et de formes connexes de criminalité grave et organisée. Le 2 septembre 2026, les deux agences ont signé un accord de travail établissant un cadre pour l’échange d’informations et le développement de nouvelles formes de coopération dans des domaines d’intérêt commun.

Le nouveau Code pénal belge entre en vigueur le 1er septembre 2026. Parmi ses dispositions pertinentes en matière de migration, les articles 258 à 264 établissent des règles relatives à la traite des êtres humains et au trafic de migrants, notamment en ce qui concerne leurs définitions, les formes aggravées, les peines et certaines dispositions concernant les victimes.

La division de Gand du tribunal de première instance de Flandre orientale a condamné 33 prévenus dans l'affaire Lotus pour traite des êtres humains avec circonstances aggravantes, ainsi que pour direction ou participation à une organisation criminelle. L'organisation recrutait plus de 100 femmes chinoises vulnérables sur le plan financier et les exploitait dans la prostitution en Belgique et dans d'autres pays européens. Quatre prévenus ont également été condamnés pour traite des êtres humains ayant entraîné la mort d'une victime. Des peines d'emprisonnement allant jusqu'à sept ans, ainsi que des amendes et des confiscations, ont été prononcées.

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite des êtres humains, le Groupe d’experts du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) s’est associé à l’appel du Groupe interinstitutions de coordination contre la traite des êtres humains (ICAT) pour que les victimes contraintes de commettre des infractions soient protégées plutôt que sanctionnées. Les deux instances alertent sur la progression de la traite aux fins de criminalité forcée, notamment dans le cadre d’opérations d’escroquerie, et appellent à renforcer l’identification et la protection des victimes.

La Belgique a officiellement lancé sa participation à la campagne Blue Heart des Nations Unies le 27 juillet 2026 à Namur, en amont de la Journée mondiale de la lutte contre la traite des êtres humains du 30 juillet. Coordonnée par le Service public fédéral (SPF) Justice en collaboration avec plusieurs partenaires nationaux et internationaux, la campagne 2026 est consacrée à la traite des êtres humains impliquant l’exploitation de victimes contraintes de commettre des fraudes en ligne.

Les agences de l’Union européenne Europol et Frontex ont signé un nouvel accord de travail afin de renforcer leur coopération dans la lutte contre les menaces transfrontières affectant l’Union européenne. Cet accord remplace celui conclu en 2015 et tient compte de l’élargissement des mandats des deux agences au cours des dernières années. Il établit un cadre actualisé pour l’échange sécurisé d’informations, y compris à des fins opérationnelles.

La Commission européenne et la Haute Représentante de l’Union pour les affaires étrangères et la politique de sécurité ont proposé un nouveau régime horizontal de sanctions de l’Union européenne visant le trafic de migrants, la traite des êtres humains et d’autres formes graves de criminalité organisée. Le cadre proposé permettrait à l’Union européenne d’imposer des mesures restrictives à l’encontre de personnes physiques et morales impliquées dans de telles activités lorsqu’elles trouvent leur origine en dehors de l’Union européenne et qu’elles constituent une menace grave pour les valeurs de l’Union, la sécurité de l’Union et de ses États membres ou la sécurité internationale. Les propositions seront désormais examinées par le Conseil.

La nouvelle directive relative aux droits, au soutien et à la protection des victimes de la criminalité révise le cadre de l’UE concernant les droits des personnes victimes d’infractions pénales, notamment les victimes de violences, les victimes de la traite des êtres humains, les enfants victimes d’exploitation sexuelle et les victimes du terrorisme. Elle introduit des mesures visant à améliorer l’accès à l’information, au soutien et à la protection, à faciliter le signalement des infractions et à renforcer les droits des victimes dans le cadre des procédures pénales.

La Belgique a contribué à l’opération Global Chain 2026, une vaste opération internationale de lutte contre les réseaux de traite des êtres humains. Menée dans 59 pays, l’opération s’est déroulée du 8 au 12 juin 2026 et ciblait la traite à des fins d’exploitation sexuelle, d’exploitation à des fins d’activités criminelles et de mendicité forcée, avec une attention particulière portée aux victimes mineures. En Belgique, une opération de police menée à Charleroi et à Verviers a permis de démanteler un réseau de traite et d’identifier 22 victimes mineures.

Les services belges de secours côtiers de la mer du Nord sont informés des mesures à adopter face à l’augmentation des activités liées aux "small boats" visant des tentatives de traversées irrégulières vers le Royaume-Uni. Ces sessions visent à renforcer la sensibilisation et la coordination avec les autorités compétentes avant le début de la saison de surveillance des plages.

La Ministre belge de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, effectue une visite en République démocratique du Congo. Cette visite s’inscrit dans le contexte d’une augmentation marquée des demandes de protection internationale introduites par des ressortissants congolais en Belgique au cours des dernières années. La mission vise à décourager les demandes de protection jugées non fondées, à lutter contre le recours abusif aux procédures de visa, à contrer la fraude documentaire et les messages trompeurs des passeurs, ainsi qu’à renforcer la coopération en matière de retour et la lutte contre l’immigration irrégulière. 

Les autorités judiciaires et les services répressifs belges ont contribué à une opération visant un réseau criminel fournissant des petites embarcations utilisées pour des traversées de migrants. Quatre suspects de haut niveau ont été arrêtés en Allemagne et devraient être extradés vers la Belgique afin d’y être poursuivis à Bruges. Des perquisitions menées en Allemagne et en Belgique ont permis la saisie d’embarcations, de moteurs, de gilets de sauvetage, d’argent liquide et d’autres équipements utilisés dans les activités de trafic.

Le 24 mars 2026, Europol a lancé le Centre européen de lutte contre le trafic de migrants (ECAMS) à La Haye. Le centre vise à renforcer la réponse de l’Union européenne face aux réseaux de trafic de migrants. Il met l’accent sur des enquêtes fondées sur le renseignement, l’analyse de données et les enquêtes financières. Cette initiative s’inscrit dans la continuité de plus d’une décennie de travail opérationnel, notamment avec le Centre européen de lutte contre le trafic de migrants créé en 2016, qui a soutenu les États membres dans la conduite d’arrestations, le démantèlement de réseaux et la coordination d’opérations conjointes.

Les autorités belges ont signalé une nette augmentation des tentatives de trafic de migrants le long de la côte belge ces dernières semaines, ce qui a conduit à un renforcement des actions des forces de l’ordre et à des efforts pour intensifier la coopération internationale. Les polices locale et fédérale ont accru les patrouilles et les interpellations dans le cadre d’une réponse plus large à ce phénomène, tandis que la Belgique et le Royaume‑Uni cherchent à approfondir leur collaboration pour traiter la dimension transfrontalière.

Myria a publié sa première cartographie complète des données chiffrées sur les mineurs victimes de traite et de formes aggravées de trafic d’êtres humains en Belgique. Le rapport vise à fournir une base statistique plus claire pour comprendre la situation des mineurs à risque, tout en mettant en évidence les lacunes structurelles dans les pratiques actuelles de collecte et de partage des données.

Child Focus et Payoke ont signé un protocole de collaboration visant à mieux détecter, soutenir et protéger les mineurs victimes d’exploitation sexuelle. L’accord prévoit des points de contact fixes, une coordination plus rapide pour les dossiers urgents et des réorientations adaptées, afin de garantir que les victimes reçoivent l’aide appropriée sans avoir à raconter plusieurs fois leur histoire.

La Commission européenne a lancé une nouvelle campagne de sensibilisation à l’échelle de l’UE pour lutter contre la traite des êtres humains. Sous le slogan « Mettre fin à la traite des êtres humains. Briser la chaîne invisible », l’initiative vise à rendre ce crime souvent caché plus visible pour le grand public. Environ 10.000 victimes sont identifiées chaque année dans l’Union européenne, tandis que de nombreux autres cas restent non détectés. La campagne invite les citoyens à reconnaître les signes d’exploitation, à signaler toute situation préoccupante et à contribuer à soutenir les victimes.

Du 3 au 7 novembre 2025, le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) a effectué une visite d’évaluation en Belgique dans le cadre du quatrième cycle de suivi de la mise en œuvre de la Convention sur la lutte contre la traite des êtres humains. L’évaluation se concentre sur les vulnérabilités à la traite, les mesures prises pour les prévenir et les détecter, le soutien aux victimes et la sanction des auteurs, en accordant une attention particulière au rôle des technologies de l’information et de la communication.

Ce 20 octobre 2025, environ 200 acteurs belges et partenaires européens se sont réunis pour marquer trente ans de lutte contre la traite des êtres humains en Belgique, mettant en évidence à la fois la force d’un système multidisciplinaire et spécialisé, fondé sur la collaboration et le partage d’informations, et les défis persistants, tels que le manque de moyens, les difficultés de dédommagement des victimes, la protection des mineurs et l’adaptation aux nouvelles formes de traite.