Le tribunal de Gand condamne 33 prévenus dans une affaire de traite des êtres humains impliquant des femmes chinoises
La division de Gand du tribunal de première instance de Flandre orientale a condamné 33 prévenus dans l'affaire Lotus pour traite des êtres humains avec circonstances aggravantes, ainsi que pour direction ou participation à une organisation criminelle. L'organisation recrutait plus de 100 femmes chinoises vulnérables sur le plan financier et les exploitait dans la prostitution en Belgique et dans d'autres pays européens. Quatre prévenus ont également été condamnés pour traite des êtres humains ayant entraîné la mort d'une victime. Des peines d'emprisonnement allant jusqu'à sept ans, ainsi que des amendes et des confiscations, ont été prononcées.
L'affaire Lotus fait suite à une vaste enquête portant sur une organisation criminelle impliquée dans la traite et l'exploitation sexuelle de femmes chinoises. L'enquête, qui a débuté en janvier 2021, a regroupé plusieurs enquêtes en cours ou clôturées remontant à 2017. Le 8 février 2023, une opération de grande ampleur a donné lieu à des perquisitions simultanées en Belgique et en Espagne ainsi qu'à l'arrestation de nombreux suspects. L'enquête s'est achevée en 2025 et 38 personnes ont finalement été renvoyées devant le tribunal correctionnel pour des faits notamment de traite des êtres humains avec circonstances aggravantes et de direction ou participation à une organisation criminelle.
Selon le tribunal, l'organisation recrutait plus de 100 femmes chinoises se trouvant dans une situation financière vulnérable, en leur promettant notamment un emploi bien rémunéré en Europe. La plupart d'entre elles étaient initialement amenées en Espagne ou en Pologne, où elles obtenaient des documents de séjour temporaires, avant d'être transportées vers d'autres pays européens, dont la Belgique. Les femmes devaient rembourser les frais liés à leur voyage et à leurs documents de séjour en se prostituant. L'organisation disposait d'une répartition structurée des tâches couvrant le recrutement, le transport, les documents de séjour, la publicité, l'organisation des rendez-vous avec les clients ainsi que la collecte et la redistribution des revenus. Le tribunal a estimé que la situation de vulnérabilité des femmes était exploitée au moyen notamment de tromperies, de contraintes, de menaces et d'abus de pouvoir, et que les faits avaient été commis dans le cadre d'une organisation criminelle.
Sur les 38 prévenus renvoyés devant le tribunal correctionnel, 33 ont été condamnés et cinq ont été acquittés. Vingt-neuf prévenus ont été condamnés pour participation à l'organisation criminelle et quatre en tant que dirigeants de celle-ci. Quatre prévenus ont également été condamnés pour traite des êtres humains avec la circonstance aggravante que l'infraction avait entraîné la mort d'une victime, une travailleuse du sexe tuée intentionnellement par un client en 2023. Les prévenus condamnés ont écopé de peines d'emprisonnement allant jusqu'à sept ans, ainsi que d'amendes et de confiscations. Pour déterminer les peines, le tribunal a notamment tenu compte du caractère organisé et systématique de l'exploitation, du nombre et de la vulnérabilité des victimes ainsi que des bénéfices financiers tirés de leur exploitation.
Pour plus de détails, veuillez consulter (en néerlandais) le communiqué de presse du tribunal de première instance de Flandre orientale, division de Gand.