Le GRETA souligne les vulnérabilités persistantes face à la traite des êtres humains en Belgique

Le Groupe d’experts sur la lutte contre la traite des êtres humains (GRETA) du Conseil de l’Europe a publié son quatrième rapport d’évaluation sur la Belgique, couvrant la période de juillet 2022 à juin 2026. Le rapport examine les vulnérabilités face à la traite, les mesures visant à les prévenir et à les détecter, ainsi que l’identification, la protection et l’assistance aux victimes. Il évalue également les enquêtes et les poursuites, ainsi que l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans le cadre de la traite. Le GRETA identifie plusieurs domaines dans lesquels des mesures supplémentaires sont nécessaires pour renforcer la lutte contre la traite des êtres humains en Belgique.

Le GRETA évalue la mise en œuvre de la Convention du Conseil de l’Europe sur la lutte contre la traite des êtres humains au moyen de cycles d’évaluation réguliers. Le quatrième cycle d’évaluation porte sur les vulnérabilités face à la traite et sur les mesures prises par les États parties pour les prévenir, détecter les situations de vulnérabilité, soutenir les victimes et poursuivre les trafiquants, notamment dans le contexte de l’utilisation des TIC. Dans le cadre de ce quatrième cycle, une délégation du GRETA a effectué une visite d’évaluation en Belgique du 3 au 7 novembre 2025, au cours de laquelle elle a rencontré des représentants des autorités belges et d’autres acteurs concernés. Le rapport qui en résulte, publié le 6 octobre 2026, évalue les évolutions intervenues en Belgique depuis le précédent cycle d’évaluation et présente les constats et recommandations du GRETA.

Le GRETA reconnaît les mesures prises par la Belgique pour renforcer son cadre juridique et politique ainsi que pour identifier et aider les victimes, mais souligne la persistance de vulnérabilités parmi plusieurs groupes, notamment les personnes en demande d’asile, les mineur·es non accompagné·es et autres enfants et jeunes en situation de vulnérabilité, les travailleuses et travailleurs migrants, les personnes en situation irrégulière, les personnes en situation de prostitution ou de travail du sexe, les personnes LGBTI et les personnes Roms. Le rapport appelle notamment à garantir un accueil et un soutien adéquats aux personnes en demande d’asile, à renforcer la protection des enfants en situation de vulnérabilité, à réduire la dépendance des travailleuses et travailleurs migrants vis-à-vis de leurs employeurs et à améliorer l’accès à la régularisation. Le GRETA souligne également la nécessité de renforcer l’identification des victimes, en particulier des enfants et des personnes victimes de formes d’exploitation telles que l’exploitation dans des activités criminelles ou délictuelles et l’exploitation de la mendicité, et de garantir l’accès au délai de rétablissement et de réflexion aux victimes en situation administrative irrégulière ou précaire.

Le rapport formule également des recommandations visant à renforcer les droits des victimes et l’efficacité de la réponse pénale. Le GRETA appelle à garantir une capacité et un financement suffisants pour l’assistance spécialisée aux victimes, notamment des possibilités d’hébergement adaptées pour les garçons, ainsi qu’un meilleur accès à l’aide juridictionnelle gratuite et à une indemnisation effective. Il recommande de renforcer les enquêtes, notamment les enquêtes financières et numériques, et de veiller à la mise en œuvre effective des mesures de protection des victimes et des témoins ainsi que du principe de non-sanction. Le GRETA appelle en outre à renforcer la coopération avec les plateformes en ligne et les autres acteurs du secteur numérique afin de lutter contre la traite facilitée par les technologies, ainsi qu’à améliorer la coordination des politiques et des activités de lutte contre la traite. 

Le rapport complet et la réponse des autorités belges apportent davantage de précisions sur ces constats et recommandations.