Le REM Belgique participe à une conférence de haut niveau du REM sur le Pacte sur la Migration et l’Asile

Le Point de contact belge du Réseau européen des migrations (REM Belgique) a participé à la conférence de haut niveau du REM organisée dans le cadre de la présidence chypriote du Conseil de l'Union européenne, intitulée « Bilan du Pacte sur la Migration et l’Asile : transformer la stratégie en réalité », qui s’est tenue à Nicosie les 19 et 20 mai 2026.

Organisée par le REM Chypre avec le soutien de la Commission européenne, la conférence a réuni des représentants des États membres de l’UE, de la Norvège, des institutions et agences européennes, des organisations internationales, de la société civile ainsi que d’autres partenaires. L’événement était consacré à la mise en œuvre du Pacte sur la Migration et l’Asile, en amont de son entrée en application le 12 juin 2026. Les participants ont souligné que cette date marque le début d’une nouvelle phase opérationnelle, plutôt que la fin du processus de mise en œuvre.

Au cours de deux journées, les participants ont discuté de l’état d’avancement des préparatifs, des défis restant à relever dans la mise en œuvre, ainsi que des objectifs à plus long terme de la stratégie européenne de gestion de l’asile et des migrations. Le programme comprenait des discussions thématiques portant sur la préparation, le développement d’un système d’asile et de migration efficace, la responsabilité et la solidarité, les ressources nécessaires à la mise en œuvre, le rôle des différents acteurs, l’élaboration de politiques fondées sur des données probantes, ainsi que l’utilisation d’outils et de technologies numériques.

Les échanges sur la solidarité ont souligné l’importance d’adopter une perspective qui dépasse les considérations nationales à court terme. Comme l’a formulé un intervenant, la solidarité dans le cadre du Pacte suppose de reconnaître qu’un État membre peut être soumis à des pressions et bénéficier de la solidarité à un moment donné, tout en apportant à son tour sa solidarité à d’autres à un autre moment. Les intervenants ont mis en avant la nécessité de mettre en place un système prévisible, équilibré, fondé sur des données fiables et reposant sur une compréhension commune de la responsabilité.

Plusieurs discussions ont également souligné l’importance de réduire la sensibilité politique entourant la gestion des migrations. Comme l’a indiqué l’un des modérateurs, l’ambition devrait être de « rendre les migrations à nouveau ennuyeuses » : s’éloigner des débats dictés par les crises pour privilégier des politiques fondées sur des données probantes et des réalités opérationnelles.

Les participants ont souligné l’importance de la pleine mise en service d’EURODAC, qui constitue un élément clé du nouveau système. Des données fiables, des systèmes interopérables et des outils numériques seront essentiels pour soutenir les États membres dans la mise en œuvre efficace et cohérente du Pacte.

Les discussions sur les ressources nécessaires à la mise en œuvre ont également mis en évidence l’importance d’un financement adéquat et durable. Les représentants de la société civile ont souligné que les organisations de la société civile devraient être reconnues comme des partenaires clés du processus de mise en œuvre, plutôt que de voir leur rôle réduit ou leur espace d’action restreint. Ils ont également insisté sur la nécessité de mécanismes de financement flexibles et accessibles aux organisations de la société civile, leur permettant de répondre efficacement à l’évolution des besoins sur le terrain et de contribuer à une mise en œuvre juste, humaine et opérationnelle.

Les discussions sur les outils numériques et les solutions technologiques ont illustré, à travers des exemples concrets, la manière dont l’innovation peut soutenir la mise en œuvre du Pacte. L’Estonie, largement reconnue pour son expérience en matière de services publics numériques, a mis en avant le principe du « only once » : les informations ne devraient être demandées qu’une seule fois aux citoyens et aux migrants, tandis que les systèmes devraient être interopérables afin de permettre le partage sécurisé des données pertinentes entre administrations, systèmes et applications. Les Pays-Bas ont présenté un nouvel outil informatique permettant aux demandeurs de protection internationale de remplir et de soumettre en ligne un questionnaire à des fins de filtrage. De tels outils peuvent renforcer l’autonomie des demandeurs tout en réduisant la charge administrative des autorités chargées du filtrage.

Pour le REM Belgique, la conférence a constitué une occasion précieuse d’échanger avec les autres points de contact nationaux et partenaires sur la mise en œuvre concrète du Pacte. Elle a également offert une opportunité opportune de réfléchir à la manière dont le REM peut continuer à soutenir des discussions politiques fondées sur des données probantes et la coopération entre les États membres.

Alors que le Pacte entre en application le 12 juin 2026, l’accent se déplace désormais de la préparation juridique et opérationnelle vers une mise en œuvre et une amélioration continues.

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