Le REM participe à la plateforme européenne d’apprentissage par les pairs sur les alternatives à la rétention à Madrid
Les 27 et 28 octobre 2026, le Réseau européen des migrations (REM) a participé à la première plateforme européenne d’apprentissage par les pairs consacrée aux alternatives à la rétention, organisée par l’International Detention Coalition (IDC) à Madrid, en Espagne. Cette rencontre a permis d’échanger des expériences pratiques et des approches en matière d’alternatives à la rétention des personnes en séjour irrégulier, un sujet particulièrement pertinent pour les travaux du groupe d’experts du REM sur le retour (Return Expert Group – REG).
La plateforme a réuni des représentants des autorités publiques, des organisations de la société civile et des experts internationaux de Belgique, du Portugal, d’Espagne, de Suède et de Turquie, afin de discuter des défis communs et de partager leurs pratiques. Le REM a été invité à participer en raison des travaux du REG, coprésidé par la Belgique et la Commission européenne, qui favorise les échanges d’informations et de pratiques entre les États membres sur les questions liées au retour. Cette invitation s’inscrivait également dans le cadre de la coopération continue entre le REM et l’IDC sur les alternatives à la rétention.
Échanger des expériences et des pratiques à l’échelle européenne
La plateforme européenne d’apprentissage par les pairs est une initiative de l’IDC, qui s’inspire d’une plateforme similaire mise en place dans la région Asie-Pacifique en 2019. Elle vise à réunir des représentants des pouvoirs publics et d’autres organisations afin de partager leurs expériences, de discuter des défis communs et de tirer des enseignements des approches adoptées dans différents pays en matière d’alternatives à la rétention.
Au cours de ces deux journées, les participants ont abordé les évolutions nationales en matière d’alternatives à la rétention, le Pacte européen sur la Migration et l’Asile et le nouveau règlement européen relatif au retour, ainsi que les difficultés liées à la mise en œuvre concrète de ces alternatives.
Une attention particulière a été accordée aux approches fondées sur l’accompagnement au sein de la communauté, à la gestion individuelle des dossiers et à la coopération entre différentes organisations. Les discussions ont également porté sur l’importance de l’accès à l’information, aux conseils juridiques et aux services de soutien, ainsi que sur la nécessité d’adapter l’accompagnement aux besoins spécifiques et aux vulnérabilités des personnes migrantes.
Les participants ont présenté des exemples d’approches et d'initiatives mises en œuvre dans leurs pays respectifs. Ceux-ci comprenaient différentes modalités d’accompagnement individuel et de gestion des dossiers des personnes migrantes, dans le but de trouver des solutions durables, telles que l’obtention d’un droit de séjour ou le retour volontaire et la réintégration.
Pour la Belgique, des représentants de l’Office des étrangers, de l’Agence fédérale pour l’accueil des demandeurs d’asile (Fedasil) et du Jesuit Refugee Service (JRS) Belgium ont contribué aux échanges. Parmi les initiatives belges présentées figuraient le modèle d’accompagnement ICAM (Individual Case Management), développé par l’Office des étrangers, les projets d’hébergement et d’orientation coordonnés par Fedasil, ainsi que l’accompagnement au sein de la communauté proposé par JRS Belgium.
Le programme a également abordé les conséquences de la rétention liée à l’immigration, les normes internationales en matière de droits humains, ainsi que les possibilités et les difficultés liées au recours aux alternatives à la rétention dans différents contextes nationaux.
Lors de la deuxième journée, les participants ont visité la Fundación Cepaim à Madrid, une organisation espagnole qui accompagne les personnes migrantes, les réfugiés et les demandeurs d’asile. Ses activités comprennent des services d’accueil et d’hébergement, des conseils juridiques et un accompagnement individuel visant à favoriser l’autonomie et l’intégration dans la société. Cette visite a permis aux participants de découvrir ces activités, en particulier l’approche de l’organisation en matière de gestion individuelle des dossiers et d’accompagnement au sein de la communauté, ainsi que leur pertinence dans le cadre des alternatives à la rétention.
Favoriser la poursuite des échanges au sein du groupe d’experts du REM sur le retour
Cette rencontre a permis au REM de tirer des enseignements des expériences menées dans d’autres pays et d’échanger avec des acteurs travaillant sur les alternatives à la rétention. Les pratiques et les défis abordés pourraient alimenter de futurs échanges au sein du groupe d’experts du REM sur le retour, tout en contribuant à la poursuite de la coopération avec l’IDC et d’autres organisations actives dans ce domaine.