La Commission européenne présente une nouvelle stratégie de lutte contre la traite des êtres humains
À l’approche de la Journée européenne de lutte contre la traite des êtres humains, le 18 octobre, la Commission européenne a présenté, le 16 octobre 2026, une nouvelle stratégie de lutte contre la traite des êtres humains. Cette stratégie définit six priorités visant à renforcer la prévention de la traite des êtres humains, la lutte contre les réseaux criminels et la protection des victimes. Elle répond à de nouveaux défis, tels que le recours aux technologies numériques par les trafiquants, les liens avec la criminalité organisée et les risques d’exploitation dans le contexte de la migration et des crises.
Le sixième rapport d’avancement qui accompagne la stratégie fait le point sur la mise en œuvre de la précédente stratégie de l’UE pour la période 2021-2025 et présente des données pour les années 2023 et 2024. Plus de 20.000 victimes ont été enregistrées dans l’UE au cours de cette période, soit une augmentation de 16,1 % par rapport à 2021 et 2022. Selon les dernières données, 36 % des victimes enregistrées étaient des citoyens de l’UE, tandis que 64 % étaient des ressortissants de pays tiers. Les femmes et les filles représentaient 63 % des victimes enregistrées, tandis que les enfants en représentaient 15 %. Les hommes représentaient 74 % des victimes enregistrées de la traite à des fins d’exploitation par le travail. Le rapport couvre différentes formes de traite, notamment l’exploitation sexuelle, l’exploitation par le travail, la criminalité forcée, la mendicité forcée et les mariages forcés.
La nouvelle stratégie définit six priorités :
- Tirer parti des technologies modernes : recourir aux outils numériques pour améliorer la prévention, la détection et les enquêtes en matière de traite des êtres humains.
- Renforcer la mobilisation du secteur privé : mettre en place une coalition européenne des entreprises contre la traite et soutenir la coopération entre les inspecteurs du travail par l’intermédiaire de l’Autorité européenne du travail.
- Démanteler les réseaux transnationaux de traite : renforcer la coopération transfrontalière, le travail policier fondé sur le renseignement, les enquêtes financières et le recouvrement des avoirs afin de lutter contre la traite liée à la criminalité organisée.
- Prévenir l’exploitation liée à la migration : mobiliser les outils prévus par le Pacte sur la Migration et l’Asile, notamment le filtrage, la nouvelle procédure à la frontière et les garanties prévues dans le cadre de l’accueil.
- Améliorer la préparation et les réponses aux crises : élaborer des orientations opérationnelles en s’appuyant sur le plan de lutte contre la traite des êtres humains concernant l’Ukraine, avec le soutien des agences de l’UE, des États membres et de la société civile.
- Renforcer la protection des victimes : améliorer le soutien et la protection des personnes vulnérables à la traite et veiller à ce que les droits des victimes soient pleinement intégrés dans les réponses policières et judiciaires.
La stratégie reconnaît que la traite des êtres humains ne peut être combattue de manière isolée et nécessite une approche mobilisant l’ensemble des pouvoirs publics et de la société. Elle appelle donc à une coopération entre les États membres, les institutions et les agences de l’UE, la société civile, les partenaires sociaux, le secteur privé ainsi que les organisations et partenaires internationaux, y compris les pays tiers.
La stratégie sera examinée par le Parlement européen et le Conseil. Le coordinateur européen de la lutte contre la traite des êtres humains poursuivra sa coopération avec les coordinateurs nationaux, la plateforme de la société civile de l’UE, les agences de l’UE et les partenaires internationaux afin de mettre en œuvre les actions prévues par la stratégie.
Pour plus d’informations, veuillez consulter le sixième rapport d’avancement et la nouvelle stratégie, disponibles en pièces jointes ci-dessous (en anglais).