Cinq pays de l’UE font avancer les projets de centres de retour en dehors de l’UE
Les ministres de l’Autriche, du Danemark, de l’Allemagne, de la Grèce et des Pays-Bas se sont réunis à Copenhague le 4 septembre pour discuter de la mise en place de centres de retour dans des pays situés en dehors de l’UE. Les cinq pays se sont accordés sur des principes directeurs pour le modèle envisagé ainsi que sur un calendrier commun pour les procédures législatives nationales nécessaires à sa mise en œuvre. Amnesty International a averti que de tels dispositifs présentaient des risques importants pour les droits humains.
La réunion était organisée par le ministre danois de l’Immigration et de l’Intégration, Morten Bødskov, et réunissait les cinq pays constituant le groupe dit « Core Group on Return Hubs ». La Commission européenne a également participé à la réunion en tant qu’observatrice.
Les cinq pays se sont accordés sur trois principes directeurs pour un futur modèle de centres de retour. Le modèle devrait avoir un impact mesurable sur la réduction de la migration irrégulière vers l’UE et contribuer à un système migratoire plus humain, tout en contribuant à perturber le modèle économique des passeurs. Il devrait être élaboré dans le plein respect du droit de l’UE et du droit international, en particulier du droit international relatif aux droits humains, et reposer sur un partenariat équitable et mutuellement bénéfique avec des pays situés en dehors de l’UE.
Les pays se sont également accordés sur les prochaines étapes, notamment l’instauration d’un dialogue et de négociations actives avec des pays partenaires potentiels, ainsi que l’organisation de missions visant à évaluer si les partenaires potentiels respectent les principes convenus. Ils ont également convenu d’un calendrier commun pour les procédures législatives nationales nécessaires avant que le modèle puisse être mis en œuvre.
Plusieurs pays partenaires potentiels étaient à l’étude, selon le ministère fédéral autrichien de l’Intérieur, qui a indiqué qu’au moins un pays partenaire devrait être identifié d’ici la fin de 2026. Le Danemark a également indiqué qu’il s’attendait à être prêt à envoyer les premiers ressortissants de pays tiers sans droit de séjour vers un pays partenaire d’ici la fin de 2027.
À la veille de la réunion, Amnesty International a averti que, de par leur conception même et quel que soit leur emplacement, les centres de retour comportent un risque de graves atteintes aux droits humains, notamment la détention arbitraire, la torture et les autres mauvais traitements, ainsi que les renvois forcés vers les pays d’origine. L’organisation a également indiqué que les négociations entre les cinq États membres de l’UE seraient particulièrement avancées avec l’Ouganda et le Rwanda. Amnesty a souligné que tout gouvernement responsable devrait catégoriquement rejeter de tels projets, avertissant que les centres de retour pourraient devenir des « trous noirs cruels » pour les droits humains.
Pour plus d’informations sur la réunion et ses résultats, veuillez consulter les communiqués danois et autrichien.